Un mot de toi pourra toujours décider de ma vie.

Lettre n°4 - Deuxième série, de Lui à Elle,

Classification Décori, Alfred de Musset à George Sand,

1834 - 19 avril - Portant le timbre de Paris du 21 avril

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Tout m'ennuie. M'aimes-tu encore ? Il n'y a que toi qui aies du cœur.

Pas de lettre. Oui ou non.

Billet d'Alfred de Musset à Aimée d'Alton, 14 janvier 1842

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Je crois qu'une sottise est au bout de ma plume.

Namouna,

Chant premier, LXIX, décembre 1832

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Tant qu'un grain d'amitié reste dans la balance,

Le souvenir souffrant s'attache à l'espérance.

Namouna,

Chant premier, XL, décembre 1832

__________________

Son cœur est un logis qui n'a pas d'escalier.

Namouna,

Chant premier, XXVI, décembre 1832

__________________

Qu'as-tu fait de ta vie et de ta liberté ?

Crois-tu donc qu'on oublie autant qu'on le souhaite ?

Crois-tu qu'en te cherchant tu te retrouveras ?

[La Muse]

La Nuit d'août, 1836

Musset & La Muse - Parc-Monceau - Paris

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Le cœur a beau mentir, la blessure est au fond.

[La Muse]

La Nuit d'août, 1836

__________________

Hélas ! par tous pays, toujours la même vie :

Convoiter, regretter, prendre et tendre la main ;

Toujours mêmes acteurs et même comédie,

Et, quoi qu'ait inventé l'humaine hypocrisie

Rien de vrai là-dessous que le squelette humain.

[La Muse]

La Nuit d'août, 1836

Musset & La Muse - Parc-Monceau - Paris

__________________

[...] et n'oublie pas ceci : c'est que souvent l'amour meurt parce qu'on ne fait pas, pour le conserver, tout ce qu'on avait fait pour l'inspirer.

Voyage où il vous plaira,

Alfred de Musset - P.-J. Stahl, 1843

__________________

Le monde est si grand, qu'il est dur d'y être seul.

Voyage où il vous plaira,

Alfred de Musset - P.-J. Stahl, 1843

__________________

Si vous ne m'aimez pas, que faites-vous ici ?

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Mon courage lui faisait pitié.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

L'espérance est restée en route, et le bonheur a manqué de parole.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Expliquez si vous pouvez.

Vous ne trouverez que deux corps, un là, l'autre ici, et entre eux, quoi ?

L'air, l'espace, l'immensité.

La Confession d'un Enfant du siècle,1836

__________________

Tu es jeune et vivante, et tu es belle, et tu m'oublieras.

Tu guériras du mal que je t'ai fait, si tu peux le pardonner.

[Octave], La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Le temps ! et ta beauté, et ton amour, et le bonheur, où seront-ils allés ?

Est-ce donc sans regret que tu me perds ainsi ?

[Octave], La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Combien de temps pour qu'elle m'oublie si je n'existe plus demain ?

combien de larmes ? aucune peut-être !

[Octave], La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Pendant que tes lèvres touchaient les siennes,

pendant que tes bras entouraient son cou,

pendant que les anges de l'éternel amour vous enlaçaient

comme un seul être des liens du sang de la volupté,

vous étiez plus loin l'un de l'autre que deux exilés

aux deux bouts de la terre, séparés par le monde entier.

Regarde-la, et surtout fais silence.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Folle ! j'ai voulu souffrir en silence, vous consacrer ma résignation ;

j'ai voulu vous cacher mes larmes ;

Folle ! j'ai voulu traverser les mers, m'exiler de France avec vous,

aller mourir, loin de tout ce qui m'a aimée sur ce cœur qui doute de moi.

Folle ! j'ai cru que la vérité avait un regard, un accent, qu'on la devinait, qu'on la respectait !

[Brigitte], La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

On dit qu'il n'y a rien de si rapide qu'un sentiment d'antipathie !

Mais je crois qu'on devine plus vite encore qu'on se comprend et qu'on va s'aimer.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Pour la première fois de ma vie, j'étais heureux ;

Dieu bénissait mes armes, et la douleur m'apprenait la vertu.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Vous avez voulu voir jusqu'où allait ma patience,

vous avez mis ma douleur au défi, peut-être pour avoir le droit de me chasser ;

vous étiez lasse de ce triste amant qui souffrait sans se plaindre et qui buvait avec résignation le calice amer de vos dédains !

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Je m'attendais à ce qu'elle m'avait dit ; ma résolution fut prise aussitôt, et je me décidai à partir.

Je me relevai le cœur navré, mais ferme, et je fis le tour du jardin.

Je regardai la maison, la fenêtre de sa chambre ; je tirai la grille en sortant, et, après l'avoir fermée, je posai mes lèvres sur la serrure.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Que vous ai-je fait ?

J'ai fléchi le genou ; je n'ai même pas dit un mot.

Que vous ai-je appris ? vous le saviez déjà.

J'ai été faible parce que je souffrais.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Quel risque courez-vous en me donnant encore un mois ou deux du seul bonheur que j'aurai jamais ?

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Un mot, lui dis-je, en me levant, un mot, et rien de plus.

Je sais qui vous êtes, et s'il y a pour moi quelque compassion dans votre cœur, je vous en remercie ;

dites un mot ! ce moment décide de ma vie.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Je n'avais pensé qu'à elle pendant mon voyage, et je perdais toute espérance de l'oublier jamais.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Je la trouvais maigrie et changée.

Son sourire habituel paraissait languissant sur ses lèvres décolorées.

Elle me dit qu'elle avait été souffrante.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Nous sentions bien qu'il y avait un tiers entre nous ;

c'était l'amour que j'avais pour elle.

Rien ne le trahissait dans mes actions, mais il parut bientôt sur mon visage :

je perdais ma gaieté, ma force, et l'apparence de santé que j'avais sur les joues.

Un mois ne s'était pas encore écoulé, que je ne ressemblais plus à moi-même.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Tantôt je lui peignais ma vie passée sous les couleurs les plus sombres,

et lui donnais à entendre que, s'il fallait me séparer d'elle,

je resterai livré à une solitude pire que la mort ;

je lui disais que j'avais la société en horreur,

et le récit fidèle de ma vie, que je lui avais fait lui prouvait que j'étais sincère.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Tous mes rêves de bonheur, lui disais-je, toutes mes espérances,

toute mon ambition sont renfermés dans ce petit coin de terre que vous habitez ;

hors de l'air que vous respirez, il n'y a point de vie pour moi.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Ainsi, n'ayant pas même la permission d'avouer ma peine, ma santé achevait de se détruire.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Depuis deux mois que je perds le repos, la force et l'espérance,

vous ai-je dit un mot de ce fatal amour qui me dévore et qui me tue, ne le savez-vous pas ?

Levez la tête ; faut-il vous le dire ? Ne voyez-vous pas que je souffre et que mes nuits se passent à pleurer ?

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Les malheurs ont leurs symptômes comme les maladies,

et il n'y a rien de si redoutable en mer qu'un petit point noir à l'horizon.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Ses lèvres entr'ouvertes tombèrent sur les miennes et l'univers fut oublié.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Quand une tombe vient de se fermer,

et que sous la lourde pierre semblent ensevelies à jamais,

avec ce que tu as aimé, toutes les joies de ta vie,

c'est moi qui soulève cette pierre et qui en fais sortir celui d'où te viendra,

qui que tu sois, la consolation, – mon frère, l'aimable Oubli.

« L'Oubli, par qui tu seras infidèle sans remords»...

Voyage où il vous plaira,

Alfred de Musset - P.-J. Stahl, 1843

__________________

Le plus petit coin de la terre étant l'abrégé du reste,

une petite pierre, si vous l'approchez de votre oeil, c'est un rocher ;

– une feuille d'arbre, une forêt ; – qui voit un enfant, voit un homme.

Voyage où il vous plaira,

Alfred de Musset - P.-J. Stahl, 1843

__________________

Les Français sont, en somme, accomodants ;

ils nous firent beaucoup de saluts : La politesse, nous dit l'un d'eux,

qui s'était obstiné à nous servir de guide, quoique nous n'eussions aucun besoin de ses services,

la politesse est une monnaie qui ne ruine personne.

Voyage où il vous plaira,

Alfred de Musset - P.-J. Stahl, 1843

__________________

Si mon nom est écrit dans un coin de votre cœur, quelque faible, quelque décolorée qu'en soit l'empreinte, ne l'effacez pas.

Lettre n°12 - Première série, de Lui à Elle,

Classification Décori, Alfred de Musset à George Sand,

1833 - Paris

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Ecris-moi à Paris, mon amie, je t'ai laissée bien lasse,

bien épuisée de ces deux mois de chagrin ;

tu me l'as dit d'ailleurs, tu as bien des choses à me dire.

Dis-moi surtout que tu es tranquille, que tu seras heureuse.

Lettre n°3 - Deuxième série, de Lui à Elle,

Classification Décori, Alfred de Musset à George Sand,

1834 - Vendredi 4 avril - Portant le timbre de Genève du 5 avril

__________________

Songe qu'une lettre de toi met dix jours à venir ici,

qu'il faut que je vive dix autres jours de cette lettre.

Ne doute pas de mon cœur, je t'en supplie.

Lettre n°6 - Deuxième série, de Lui à Elle,

Classification Décori, Alfred de Musset à George Sand,

1834 - Portant le timbre de Paris du 10 mai et celui de Venise du 18

__________________

C'est toi qui as laissé descendre sur ma tête le ciel de ton amour.

Lettre n°6 - Deuxième série, de Lui à Elle,

Classification Décori, Alfred de Musset à George Sand,

1834 - Portant le timbre de Paris du 10 mai et celui de Venise du 18

__________________

Je meurs d'amour, d'un amour sans fin, sans nom, insensé, désespéré, perdu !

Lettre n°5 - Troisième série, de Lui à Elle,

Classification Décori, Alfred de Musset à George Sand,

Portant le timbre de Paris du 10 mai 1834 et celui de Venise du 18

__________________

Quelque faible et misérable qu'ait dû te sembler mon amour, j'ai entrevu un nouveau monde et cela suffit.

Lettre n°6 - Deuxième série, de Lui à Elle,

Classification Décori, Alfred de Musset à George Sand,

Portant le timbre de Paris du 10 mai 1834 et celui de Venise du 18

__________________

Je vais aux Boulevards, au Bois, à l'Opéra, sur le quai, aux Champs-Elysées ;

cela est doux et étrange, n'est-ce pas que de se promener tout jeune dans une vieille vie ?

Lettre n°7 - Deuxième série, de Lui à Elle,

Classification Décori, Alfred de Musset à George Sand,

1834 - Portant le timbre de Venise du 18 juin

__________________

Deux êtres qui s'aiment bien sur terre font un ange dans le ciel.

Voilà ce que j'ai trouvé l'autre jour dans un ouvrage nouveau.

Connais-tu une parole plus belle et plus sublime ?

Lettre n°7 - Deuxième série, de Lui à Elle,

Classification Décori, Alfred de Musset à George Sand,

1834 - Portant le timbre de Venise du 18 juin

__________________

Maintenant c'est fini ;

je m'étais dit qu'il fallait revivre, qu'il fallait prendre un autre amour, oublier le tien, avoir du courage.

Lettre n°5 - Troisième série, de Lui à Elle,

Classification Décori, Alfred de Musset à George Sand,

1834 - 1er septembre - Baden

__________________

Il serait trop cruel de venir dire à un malheureux qui meurt d'amour, qu'il a tort de mourir.

Les taureaux blessés dans le cirque ont la permission d'aller se coucher dans un coin avec l'épée du matador dans l'épaule, et de finir en paix.

Lettre n°5 - Troisième série, de Lui à Elle,

Classification Décori, Alfred de Musset à George Sand,

1834 - 1er septembre - Baden

__________________

Je ne peux pas vivre sans toi, voilà tout.

Lettre n°5 - Troisième série, de Lui à Elle,

Classification Décori, Alfred de Musset à George Sand,

1834 - 1er septembre - Baden

__________________

Je suis perdu, vois-tu, je suis noyé, inondé d'amour ;

je ne sais plus si je vis, si je mange, si je respire, si je parle ;

je sais que je t'aime.

Lettre n°5 - Troisième série, de Lui à Elle,

Classification Décori, Alfred de Musset à George Sand,

1834 - 1er septembre - Baden

__________________

Sais-tu ce que c'est que d'attendre un baiser cinq mois !

Lettre n°5 - Troisième série, de Lui à Elle,

Classification Décori, Alfred de Musset à George Sand,

1834 - 1er septembre - Baden

__________________

Ainsi, un mot, dis-moi ton heure. Sera-ce soir ? demain ?

Quand tu voudras, quand tu auras une heure, un instant à perdre.

Réponds-moi une ligne. Si c'est ce soir, tant mieux.

Si c'est dans un mois, j'y serai.

Ce sera quand tu n'auras rien à faire, moi, je n'ai à faire que de t'aimer.

Lettre n°7 - Troisième série, de Lui à Elle,

Classification Décori, Alfred de Musset à George Sand,

1834 - Lundi - Mois de septembre - Baden

__________________

Tu m'as dit de partir et je suis parti ; tu m'as dit de vivre et je vis.

Lettre n°2 - Deuxième série, de Lui à Elle,

Classification Décori, Alfred de Musset à George Sand,

1834 - Sd

__________________

Mon courage

était dans tes yeux.

Stances à Mademoiselle Rachel, 1839 [?]

__________________

J'aime, et je sais répondre avec indifférence ;

J'aime, et rien ne le dit ; j'aime, et seul je le sais ;

Et mon secret m'est cher, et chère ma souffrance ;

Et j'ai fait le serment d'aimer sans espérance,

Mais non pas sans bonheur ; — je vous vois, c'est assez.

A Ninon, 1835

[Madame Caroline Jaubert]

__________________

Elle compta, pour ainsi dire,

ses chances de souffrances et ses chances de bonheur,

et mit hardiment sa vie pour enjeu.

Emmeline,1839

__________________

Le plus malheureux des deux est celui qui reste ;

il faut donc que ce soit vous qui partiez.

Emmeline, 1839

__________________

Le ciel m'en est témoin, dès le premier moment,

Je compris que l'aimer était peine inutile ;

Et cependant mon cœur prit un amer plaisir

A sentir qu'il aimait et qu'il allait souffrir !

Idylle, 1839

__________________

Depuis que dans ses yeux ma peine a pris naissance,

Nul ne sait le tourment dont je suis déchiré.

Elle-même l'ignore, - et ma seule espérance

Est qu'elle le devine un jour, quand j'en mourrai.

Idylle, 1839

__________________

Faisons ce qui te plaît. Parfois, en cette vie,

Une chanson nous berce et nous aide à souffrir [...].

Idylle, 1839

__________________

Aimer est quelque chose, et le reste n'est rien.

Idylle, 1839

__________________

Emmeline avait mis cinq ans à s’apercevoir

que son premier choix ne pouvait la rendre heureuse ;

elle en avait souffert pendant un an ;

elle avait lutté six mois contre une passion naissante,

deux mois contre un amour avoué ;

elle avait enfin succombé, et son bonheur dura quinze jours.

Emmeline, 1837

__________________

L'amour est tout et, pour le reste,

il faut rire ensemble des petits efforts

que le malheur fait pour nous toucher.

Lettres d'Alfred de Musset à Aimée d'Alton, 13 avril 1837, Lettre VI

__________________

Ah ! croyez-moi au nom du ciel,

mon cher enfant du siècle, le bonheur est assez rare ici-bas,

c'est un triste défaut que d'en douter, et c'est presque un crime que de le détruire.

Lettres d'Alfred de Musset à Aimée d'Alton, 13 avril 1837, Lettre VI

__________________

Oui, femmes, quoi qu'on puisse dire,

Vous avez le fatal pouvoir

De nous jeter par un sourire

Dans l'ivresse ou le désespoir.

A Mademoiselle ***, mars 1839,

[Pauline Garcia, sœur de la Malibran]

__________________

Quant je t'aimais, pour toi j'aurais donné ma vie,

Mais c'est toi, de t'aimer, toi qui m'ôtas l'envie

A tes pièges d'un jour on ne me prendra plus ;

A Madame B***, 1828

__________________

La moitié d'un violent amour, c'est presque une amitié…

Les marrons du feu,

in Les Contes d'Espagne et d'Italie, 1830

__________________

Aimer est le grand point, qu'importe la maîtresse ?

Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse ?

La Coupe et les Lèvres, 1830

__________________

Il n'est que la jeunesse, ami, pour être heureuse,

Que la belle jeunesse éclatante et rieuse [...]

Il n'est que la jeunesse..., 1832

__________________

Mais le hasard peut tout, - et ce qu'on lui voit faire

Nous a souvent appris que le bonheur sur terre

Namouna,

Chant troisième, XIV, décembre 1832

__________________

Trouver sur les lèvres d'un honnête homme

ce qu'on a soi-même dans le cœur,

c'est le plus grand des bonheurs qu'on puisse désirer.

Lorenzaccio, 1834

__________________

Mon bonheur, tu le vois, vécut une soirée ;

J'en connais cependant de plus longue durée

Que je ne voudrais pas changer pour celui-ci.

Une bonne fortune, Décembre 1834

__________________

A quoi sert de se quereller, quand le raccommodement est impossible ?

Le plaisir des disputes, c'est de faire la paix.

On ne badine pas avec l'amour, 1834

__________________

On est souvent trompé en amour,

souvent blessé et souvent malheureux ;

mais on aime.

On ne badine pas avec l'amour, 1834

__________________

La bouche garde le silence

Pour écouter parler le cœur.

La Nuit de mai, 1835

__________________

Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur.

La Nuit de mai, 1835

__________________

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux

Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.

La Nuit de mai, 1835

__________________

A l'âge où le cœur est riche, on n'a pas les lèvres avares.

Le Chandelier, 1835

__________________

Ah ! que le cœur est un grand maître !

On n'invente rien de ce qu'il trouve, et c'est lui seul qui choisit tout.

Il ne faut jurer de rien, 1836

__________________

[...] il n'y a de vrai au monde que de déraisonner d'amour.

Il ne faut jurer de rien, 1836

__________________

Aimer, c'est se donner corps et âme.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

On dit qu'il n'y a rien de si rapide qu'un sentiment d'antipathie.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

__________________

Qu'est-ce donc qu'oublier, si ce n'est pas mourir ?

Lettre à M. de Lamartine, 1836

__________________

Épargne-toi du moins le tourment de la haine ;

A défaut du pardon, laisse venir l'oubli.

La Nuit d'octobre, 1837

__________________

Il est doux de pleurer, il est doux de sourire

Au souvenir des maux qu'on pourrait oublier.

La Nuit d'octobre, 1837

__________________

Douces ou amères, les larmes soulagent toujours.

Un Caprice, 1837

__________________

Ce n'est quelquefois qu'en perdant ceux qu'on aime qu'on sent combien on les aimait.

Emmeline, 1837

__________________

L'homme est un apprenti, la douleur est son maître,

Et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert.

La Nuit d'octobre, 1837

__________________

Si le ciel est désert, nous n'offensons personne ;

Si quelqu'un nous entend, qu'il nous prenne en pitié !

L'Espoir en Dieu, Février 1838

__________________

C'est que la sagesse est un travail,

et que pour être seulement raisonnable,

il faut se donner beaucoup de mal,

tandis que pour faire des sottises,

il n'y a qu'à se laisser aller.

Margot, 1838

__________________

Chasser tout souvenir et fixer sa pensée,

Sur un bel axe d'or la tenir balancée,

Incertaine, inquiète, immobile pourtant,

Peut-être éterniser le rêve d'un instant ; [...]

Impromptu,

En réponse à cette question : Qu'est-ce que la poésie ?

1839

__________________

Faire une perle d'une larme ;

Du poète ici-bas voilà la passion,

Voilà son bien, sa vie et son ambition.

Impromptu,

En réponse à cette question : Qu'est-ce que la poésie ?

1839

__________________

[Non], l'amour qui se tait n'est que rêverie.

Le silence est la mort, et l'amour est la vie.

Idylle,

(dans la bouche de Rodolphe, s'adressant à Albert.) - 1839

__________________

Une larme a son prix, c'est la sœur d'un sourire.

Idylle,

(C'est encore Rodolphe qui parle...) - 1839

__________________

[Mais], le seul vrai langage au monde est un baiser.

Idylle,

(Encore et toujours notre Rodolphe...) - 1839

__________________

Le droit est au plus fort en amour comme en guerre,

Et la femme qu'on aime aura toujours raison.

Idylle,

(Rodolphe, évidemment...) - 1839

__________________

Le seul bien qui me reste au monde

Est d'avoir quelquefois pleuré.

Tristesse, 1840

__________________

Un souvenir heureux est peut-être sur terre

Plus vrai que le bonheur.

Souvenir, 1840

__________________

Vive le vieux roman, vive la page heureuse

Que tourne sur la mousse une belle amoureuse !

Après une lecture, Novembre 1842

__________________

Tu trouveras dans la joie et la peine,

Ma triste main pour soutenir la tienne,

Mon triste cœur pour écouter le tien.

A Madame M***, Sans date

__________________

Le retour fait aimer l'adieu.

A mon frère revenant d'Italie, 1844

__________________

Hélas ! je n'oserais vous aimer, même en rêve !

C'est de si bas vers vous que mon regard se lève !

C'est de si haut sur moi que s'inclinent vos yeux !

SONNET, A Madame ***, 1844

__________________

Du paradis j'ai fait le tour ;

J'ai fait des vers, j'ai fait l'amour.

Chanson, 1844

__________________

Qui part trop tôt revient trop tard.

Chanson, 1844

__________________

Les mots sont faits pour ce qu'on trouve aimable,

Les regards seuls pour ce qu'on voit charmant.

A Madame Cne T., Fontainebleau, 1847

__________________

Se voir le plus possible et s'aimer seulement,

Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge,

Sans qu'un désir nous trompe ou qu'un remords nous ronge...

Sonnet, 1849

__________________

Jusqu'à présent, lecteur, suivant l'antique usage,

Je te disais bonjour à la première page.

Mon livre, cette fois, se ferme moins gaiement ;

En vérité, ce siècle est un mauvais moment.

Sonnet au Lecteur, 1850

__________________

Heureux le voyageur que sa ville chérie

Voit rentrer dans le port, aux premiers feux du jour !

Retour, 1855, Le Havre [septembre]

__________________

Comme le cœur bondit quand la terre natale,

Au moment du retour, commence à s'approcher,

Et du vaste Océan sort avec son clocher !

Et quel tourment divin dans ce court intervalle,

Où l'on sent qu'elle arrive et qu'on va la toucher !

Retour, 1855, Le Havre [septembre]

__________________

Dieu l'a voulu, nous cherchons le plaisir.

Tout vrai regard est un désir ; [...].

Impromptu, sans date, in Poésies posthumes

__________________

Dieu dort et le monde est son rêve.

Dieu est plongé dans le sommeil...,

fragment dicté par le poète à Madame Martellet, non daté.

__________________

Tu sais qu'on t'aime et tu crois qu'on t'oublie.

Napoléon, sans date, in Poésies posthumes

__________________

CŒLIO : Que tu es heureux d’être fou !

OCTAVE : Que tu es fou de ne pas être heureux !

____

CŒLIO : Le souffle de ma vie est à Marianne ;

elle peut d’un mot de ses lèvres l’anéantir ou l’embrasser.

Vivre pour une autre me serait plus difficile que de mourir pour elle. [ …]

____

OCTAVE : Cœlio est le meilleur de mes amis ;

si je voulais vous faire envie, je vous dirais qu’il est beau comme le jour, jeune, noble, et je ne mentirais pas ;

mais je ne veux que vous faire pitié, et je vous dirai qu’il est triste comme la mort, depuis le jour où il vous a vue.

MARIANNE : Est-ce ma faute s’il est triste ?

OCTAVE : Est-ce sa faute si vous êtes belle ? Il ne pense qu’à vous ; à toute heure il rôde autour de cette maison. N’avez-vous jamais entendu chanter sous vos fenêtres ? N’avez-vous jamais soulevé à minuit cette jalousie et ce rideau ?

____

MARIANNE : Pourquoi n’aimerais-je pas Claudio ? C’est mon mari.

OCTAVE : Pourquoi n’aimeriez-vous pas Cœlio ? C’est votre amant.

____

OCTAVE : Je ne vous aime pas, Marianne : c’était Cœlio qui vous aimait !

Les Caprices de Marianne, 1833

__________________

Faire du jour la nuit et de la nuit le jour, c'est un moyen commode de ne pas voir les honnêtes gens.

Lorenzaccio, 1834

__________________

L'enthousiasme est frère de la souffrance.

Lorenzaccio, 1834

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Tout ce qui était n'est plus.

Tout ce qui sera n'est pas encore.

Ne cherchez pas ailleurs le secret de nos maux.

La Confession d'un Enfant du siècle, 1836

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