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Biographie de Musset, suite...


Musset reste un impatient en tout : en amour, en littérature. Nous ne pouvions passer sur ce trait de caractère qui lui est si particulier. Il veut tout et sans délai. E. Krantz décrit cet aspect de la personnalité ainsi : « Il ne sait pas, il ne peut pas attendre ; il n’attend ni l’amour, ni la gloire, ni la douleur ; il va au devant de tout ; il lui faut en tout la possession immédiate, la jouissance soudaine, la victoire instantanée »1. Caroline Jaubert, la douce marraine, ne l’a-t-elle pas baptisé « Prince Phosphore de cœur volant »2 ou encore « Prince Café »3 ? Ces deux surnoms ne servent, dit-on, qu’à exprimer « son excitation chronique et sa vaporeuse mobilité »4... Elle l’appelait aussi « Prince grognon », selon l’humeur de l’intéressé dirons-nous... Musset devait supporter « une impatience égoïste et maladive qui le faisait souffrir dès qu’on tardait à s’occuper de lui, à le deviner, à le satisfaire »5. Nous n’hésitons pas à reproduire ici une citation qui nous semble le décrire au mieux : « Il eût adopté volontiers comme définition du bonheur les mots « tout de suite ». Il ne sait pas, il ne veut pas attendre : que ce soit le plaisir, la gloire ou l’amour, il lui faut la possession immédiate et la possession absolue, fût-ce au prix d’une douleur »6.

L’année 1830, avec Les Contes d’Espagne et d’Italie, marque donc le début de ce que l’on a appelé la grande décennie d’Alfred de Musset. Durant cette période, sa production est effectivement intense. Le succès va d’ailleurs de pair avec cette intensité de production. « Chez lui, l’homme et le poète ne font qu’un »7, écrit Krantz. Et la poésie, qui demeurera sa passion, est reconnue. Lui-même est accueilli partout, avec les plus grands égards.

En ce qui concerne le théâtre, Alfred de Musset ne souhaite plus voir jouer ses pièces après l’échec de la représentation de La Nuit vénitienne ou Les Noces de Laurette. Il écrit alors un genre de théâtre destiné à être lu, selon son expression, « dans un fauteuil »8. Il privilégie la relation directe, intime même, qui unit l’auteur à son lecteur lors de la lecture.

« Non, je dis adieu à la ménagerie et pour longtemps »9

fut la réponse d'Alfred de Musset lorsqu'on lui demanda s'il se livrerait une autre fois « aux bêtes »10. On parla en effet d’un « échec sanglant et d’ailleurs parfaitement injustifié, sinon inexplicable »11. Le constat est le suivant : « public et critiques restèrent désemparés devant ces caractères tout en finesse, devant les subtilités de langage »12. Dix-sept ans vont effectivement passer avant qu'un public, tel que celui d’un théâtre, qui l’a sifflé et déçu, n’assiste à la représentation de ses pièces.

Une trentaine de poèmes, deux romans dont La Confession d’un enfant du siècle, dix comédies, trois drames, sept contes, six nouvelles forment l’ensemble de son œuvre. Mais à vingt-huit ans, Alfred de Musset est déjà épuisé. L’abus précoce du vin, des femmes semble la cause de cette fatigue tant physique que morale. Considéré comme un poète désinvolte et pittoresque depuis Les Contes d'Espagne et d'Italie, Alfred de Musset est devenu, dès 1835, le poète de la douleur.

Il est reçu à l’Académie française le 12 février 1852. Malheureusement, on raconte que « sa dignité d’académicien lui pèse sur les épaules comme un manteau de plomb »13.

Il est également fait Chevalier de la Légion d’honneur.

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1 - Annales de L’Est, op. cit.

2 - Ibid.

3 - La Nouvelle Revue, "La marraine d'Alfred de Musset - Caroline Jaubert", 1911.1.31ème année.

4 - Annales de L’Est, op. cit.

5 - Ibid.

6 - Vicomtesse Alix de Janzé, op. cit.

7 - Annales de L’Est, op. cit.

8 - André Villiers, op. cit.

9 - Ibid.

10 - Ibid.

11 - Alfred de Musset, Œuvres Complètes, L'Intégrale, Editions du Seuil.

12 - Ibid.

13 - Eugène de Mirecourt, Alfred de Musset, op. Cit.

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Réception de M. Alfred de Musset, Discours prononcé le jeudi 27 mai 1852, Paris-Palais de L'Institut

Musset et les autres immortels - Lien vers le site de l'Académie française

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